Mai, c’est le mois de la fête à Cordoue ! Et le 30 avril (je vous l’accorde, ce n’est pas en mai) ont commencé « las cruces » (les croix). Il s’agit d’une fête où les places des églises se parent d’une croix recouverte de fleurs (des œillets rouges selon votre humble serviteur agronome).
Près de la croix est installée une buvette. Oui, c’est pas forcément ce qu’on fait de plus pieux, mais c’est comme ça. Vers 22h30, les gens commencent à se masser vers la dite buvette (non, ils ne se font pas de massages… vous êtes pénibles à imaginer des jeux de mots où il n’y en a pas…) et boivent. Le vin blanc dulce (liquoreux) nommé Pale Cream (prononcez Pas les crimes si vous voulez vous faire comprendre du barman) est très bon et vient à soi spontanément dès lors que l’on a une connaissance dans la foule. Par exemple un compagnon de cours à qui ni Hélène ni Olivier ni moi n’avions vraiment parlé plus de 15 secondes lors des cours nous a payé une bouteille direct… En plus il voulait même pas draguer, c’était juste comme ça. Il nous a mis la bouteille dans la main et est retourné avec d’autres amis. On pensait boire avec lui, mais non… On l’a recroisé un peu plus tard, et étonné que nous ayons déjà terminé la bouteille (37,5 cL, à 2 c’est pas non plus…) il nous en a repayé une. Gênés, nous avons tout fait pour refuser mais on n’a pas réussi. Ce coup ci on est resté discuter un peu c’était très sympa.
La musique mise lors de ces festivités est du flamenco, ou de la sevillana, une variante locale. Du coup les gens dansent, avec ou sans
costume. C’est pas un spectacle, c’est juste les gens, dans la rue, sur les places qui ont envie de danser un peu. C’est beau.
Et c’est comme ça pendant une semaine. Je crois que cette fête n’a lieu qu’à Cordoue et Grenade et dans des endroits peu connus d’Andalousie.
Après le flot de paroles du dernier article, je vais essayer d'illustrer un peu plus, avec en bonus pour vous, fidèles lecteurs, des vidéos !!
Cette semaine avait lieu la semaine de la culture à Rabanales, notre
campus que je ne vous ai toujours pas présenté.
Rabanales, lecteur. Lecteur, Rabanales. C'est mieux ainsi.
A cette occasion, nous avons pu voir du théâtre, comique plus ou moins, mais quand j'ai demandé à ma voisine espagnole si l'histoire était intéressante, elle m'a répondu, " oh, c'est
surtout parce que mes potes jouent dedans..." c'est pour ça que j'étais pas plié en 2. Il y avait aussi des concerts, façon "quand jétais au lycée" On attends des heures au soleil sur la pelouse
et puis y'a des jeunes habillés avec des vetements noirs qui crient dans le micro... ah époque bénie où on faisait tout pour attendre le dernier bus avec ses potes...
L'amphi théâtre de style
gallo-romain en plein air au centre du campus.
Ensuite hier soir avait lieu à la plaza de toros (les arènes où se déroulent de sanglants combats) une fête pour une œuvre caritative. J’ai demandé à plein de monde pour quelle œuvre, et
la réponse était toujours la même : la bebida (la boisson). Y’en a juste un qui m’a répondu : pour moi ! Il avait pas l’air aidé, j’ai donc bu par pitié.
Etant insoucieusement en pantacourt, le deuxième vigile de la boîte m’arrête, alors que j’avais esquivé
sans problème le premier qu’avait rien vu. Moi, innocemment, je demande « c’est vrai, je ne peux pas rentrer ? » et il me répond « tu penses que je plaisante ?» J’ai
juste entendu « je plaisante » alors j’ai trouvé ça cool, mais Hélène m’a fait remarquer la négation cachée dans l’interrogation. C’est là que se passe une chose géniale et trop classe.
A notre air dépité, le premier videur a dit « je vais demander au chef ». Et le chef a dit oui. Le videur nous a dit, vous venez souvent, on vous connaît, alors ça va, vous vous pouvez
entrer. Souvent, ça doit être 2 fois…
A l’intérieur, rien d’exceptionnel, à part qu’une pouf a essayé de me chauffer en trémoussant son
derrière de plus en plus proche du mien. Ça arrive. Elle est partie. Elle a tenté de me dire un truc, mais elle a pas articulé. J’ai pas compris. Tant pis. Tant mieux en fait. On a aussi vu un
espagnol déguisé en Américain. Déguisement assez réaliste et trompeur.
Pas de post-soirée ce coup ci. Je vous raconte ma vie, je sais c’est pathétique, mais notez tout de même les intermèdes cultures.
23h40
La télévision tient une place importante dans notre appartement, donc par extension en Espagne. Hier, pour changer des Mujeres desesperadas (Desperate housewives), de La anatomía de Grey, ou de Prison Break (non traduit contre toute attente), j’ai regardé une production du cru : Los hombres de Paco. Je traduis pour les très-non-hispanophones : les hommes de Paco. Quoique les ombres de Paco ça pourrait marcher, car c’est pas des lumières les mecs. Après quelques péripéties de ces valeureux policiers, dont Paco qui parle avec son supérieur en orientant la conversation dans le but de lui faire dire et d’enregistrer avec son micro caché des mots préétablis par un partenaire, la chaîne Antenna 3 annonce « 1 pub et on revient ». Alors m’attendant au quart d’heure de pub habituel, je pars faire ma vaisselle. Mais surprise, 30 secondes plus tard, la série avait repris. « Chouette » me dis-je. D’autres péripéties surviennent alors, dont 3 policiers qui cherchent une prothèse de jambe pour remettre sur un de leurs collègues qu’ils ont assommé je ne sais pas pourquoi (mais j’ai raté le début alors forcément). Puis la vraie pub arrive. C’est donc pendant ces 15 minutes réglementaires que j’écris cet article. 15 minutes, c’est le standard. Il faut compter une pause pendant les simpsons, 2 à 3 dans un film de 2h. Ce qui fait qu’un film de 3h en première partie de soirée commence à 22h et quelques, et finit à 2h du mat.
Mon coloc rigole, la série a repris, j’y retourne. 23h55
00h20 Après une courte demi-heure de série comico-érotico-tragique, une nouvelle pause de 15 minutes. 2/3-1/3, le compte y est. Durant cette demi-heure il s’est avéré que le gage des mots de Paco n’est pas un gage, mais un moyen de créer une phrase avec la voix du patron en recomposant les mots dans le but de téléphoner et de tromper le collègue unijambiste dans les vapes qui est aussi, j’avais oublié de vous le dire, français d’interpol. Son accent est horrible, et tout le monde se moque de lui. Sinon, des meufs qui n’ont pour l’instant aucun lien avec les flics accompagnent une amie à une soirée, coiffées de serre-têtes antennes d’abeilles, avec un pénis en plastique violet translucide au bout de chaque antenne. Je vais écrire à la prod pour savoir où on peut en acheter pour ramener à Grignon. La dite soirée est en fait un soirée lesbienne et les meufs sont trop gênées, car leur amie ne les avait pas prévenues, sauf la blonde (forcément) qui ne s’est rendu compte de rien jusqu’à ce que les autres lui disent. Suit alors un strip-tease de femme pour femme. Y’a une brune canon, de l’avis de mon coloc et du mien, mais qui est lesbienne (enfin dans la série, pas la vraie actrice) ainsi qu’une rouquine pas mal, mais qui est peu tolérante à l’homosexualité. La femme parfaite n’existe pas à la télé…
00h25 Ah, j’entends parler de raser la poitrine, je crois que la série à repris, j’y retourne. La pause a été courte.
00h45 ça y’est c’est fini. En fait la brune et la rousse étaient flics aussi. Ce que je ne pige pas c’est l’intrigue de l’histoire
sérieuse plus ou moins qui se déroule en parallèle avec des vraies arrestations. Mardi prochain, je sais ce que je fais…
Pour plus de détail, revoir le dernier épisode... http://www.antena3.com/LosHombresDePaco/
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Précautionneux étalage dans la poêle pleine d'huile bouillante par Abraham |
Faut pas jouer dans les palmiers, un
coup de vent et hop, il explose la vitre de l'abris-bus.
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